Questions
fréquemment posées
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1.
L'enseignement de l'Eglise catholique romaine sur le mariage
2.
L'Officialité (ou Tribunal diocésain)
3.
Qui peut introduire une demande en nullité de son mariage?
4.
Quels motifs peuvent être invoqués contre la validité d'un mariage?
5.
A quelle Officialité doit-on s'adresser?
6.
Combien de temps dure un procès en nullité?
7.
Combien coûte un procès en nullité?
8.
Quelle est la situation religieuse d'une personne divorcée?
9.
Les mariages mixtes entre chrétiens
10.
Mariages entre non-catholiques ou non-baptisés
11.
Comment débute un procès en nullité?
12.
L'ex-conjoint doit-il être informé de la démarche du demandeur?
13.
Le défendeur et le demandeur ont-ils le droit de connaître l'ensemble
du dossier?
14.
Comment l'Officialité parvient-elle à une décision (certitude ou non
de la nullité d'un mariage) ?
15.
Peut-on faire appel de la décision de l'Officialité?
16.
Peut-on se marier aussitôt après la sentence de nullité de la 2ème
instance?
17.
Quand peut-on fixer la date d'un nouveau mariage?
18.
Quelle est la situation des enfants après la déclaration de la nullité
du mariage de leurs parents?
PS. Dans les pages qui suivent, chaque fois qu'il est dit "l'Eglise",
il faudra comprendre l'Eglise catholique romaine.
1. L'enseignement de l'Eglise catholique sur le mariage
Pour l'Eglise, le mariage est une
communauté d'amour, établie librement entre un homme et une femme
pour toute la vie (c'est-à-dire jusqu'au décès du conjoint) et dans
la fidélité mutuelle, et ordonnée au bonheur des époux ainsi qu'à
la génération et à l'éducation des enfants.
Pour reconnaître la validité d'un mariage, l'Eglise demande qu'il
soit conclu librement, en connaissance de cause, entre personnes que
rien n'empêche de se marier, et selon la forme requise par l'Eglise
dès que l'un au moins des conjoints est catholique.
L'Eglise catholique reconnaît la validité de tous les mariages conclus,
même seulement civilement, entre non-catholiques ou non-baptisés,
pour autant qu'il n'existe aucun empêchement (comme le serait par
exemple un mariage précédent, ou une consanguinité rapprochée, ou
un âge insuffisant…) ni défaut du consentement.
L'Eglise catholique considère le mariage entre deux baptisés comme
un sacrement, même si l'un des conjoints a été baptisé en dehors de
l'Eglise catholique. Si l'un des conjoints n'est pas baptisé, le mariage
est considéré comme valide, mais pas sacramentel.
2. L'Officialité
(ou Tribunal diocésain)
L'Officialité est un Tribunal chargé par l'évêque de régler les
problèmes de droit ecclésiastique qui peuvent surgir dans la communauté
diocésaine. C'est dans le domaine matrimonial que l'Officialité est
le plus souvent appelée à intervenir.
En effet, un mariage, même célébré religieusement, peut avoir été
vicié soit par un empêchement qu'on ignorait, soit par un grave défaut
du consentement de l'un ou des deux partenaires (par exemple en raison
d'une immaturité flagrante, de pressions extérieures, d'une maladie
mentale, d'une tromperie portant sur des éléments importants pour
la vie conjugale…). Sur la demande qui lui en est faite, l'Eglise
accepte d'examiner une telle situation, et peut déclarer nul le consentement
exprimé au moment du mariage. C'est l'Officialité qui est chargée
de l'enquête jusqu'à sa conclusion.
L'Official et le Vice-Official sont également à disposition des prêtres
et laïcs qui sont placés parfois devant des cas matrimoniaux difficiles
à traiter.
On parle quelquefois d'"annulation" de mariage; dans le
langage de l'Eglise, on parle de "dissolution" du mariage,
et cela dans deux cas seulement:
- celui d'un mariage normalement conclu, mais qui n'a pas été par
la suite consommé sexuellement;
- et celui du privilège de la foi (dans la ligne de ce qu'écrit l'apôtre
Paul dans I Co 7,15: deux personnes se sont mariées sans être baptisées;
l'une des deux se fait baptiser, et l'autre ne veut dès lors plus
vivre avec elle; le baptisé peut obtenir du Saint-Père la possibilité
de se remarier).
Mais la plupart des cas traités par les Officialités aboutissent non
pas à une dissolution, mais à la reconnaissance du fait que dès le
départ le mariage était nul, et c'est pour cela qu'on parle de "déclaration
ou de reconnaissance de nullité".
Une sentence de nullité ne signifie
pas que tout le temps de la vie commune et familiale perd d'un coup
sa réalité. Ce qui a été vécu ne peut être aboli après coup comme
si cela n'avait jamais existé. Il en va comme d'une maison où l'on
a vécu des années, et qui tout à coup se lézarde et n'est plus habitable
à cause de vices de construction: ces derniers n'étaient pas apparus
tout de suite, mais ils existaient dès le début, même si les effets
ne s'en sont manifestés qu'après un certain temps. Bien des choses
vécues dans cette maison mal construite gardent leur réalité.
3. Qui peut introduire une demande en nullité de son
mariage?
Nul ne peut faire une telle demande à la
place de l'intéressé. Mais toute personne, même non catholique, a
le droit de présenter à l'Officialité une demande d'examen de la validité
du mariage qu'elle avait contracté, sans cependant pouvoir se prévaloir
d'un "droit" à une déclaration de nullité.
L'Officialité ne prend en considération que les demandes faites par
des personnes dont le divorce a été prononcé.
On appelle "demandeur", ou "partie demanderesse"
le conjoint qui s'adresse à l'Officialité; et "défendeur"
ou "partie défenderesse" l'autre conjoint.
La partie défenderesse doit absolument être informée de la démarche
de la partie demanderesse, et l'Officialité a l'obligation de prendre
contact avec le défendeur.
4. Quels motifs peuvent être invoqués contre la validité
du mariage?
Parmi
les motifs (ou raisons, ou griefs, ou chefs de nullité) qui peuvent
être invoqués, on peut citer:
- l'exclusion formelle (par un ou les deux conjoints) de la fidélité
due au conjoint
- l'exclusion formelle " de l'indissolubilité du mariage
- l'exclusion formelle " de la procréation
- la démence
- des maladies affectant le psychisme, ou des traumatismes causés
par exemple par un viol ou des atteintes à la pudeur
- l'incapacité foncière d'assumer les obligations essentielles du
mariage
- des conditions qu'on poserait au mariage
- la tromperie, concernant des questions importantes, pour extorquer
le consentement du futur conjoint
- un mariage précédent, de soi présumé valide
- le choix du mariage comme le moyen d'obtenir quelque chose qui n'a
rien à voir avec lui, comme par exemple la possibilité de régulariser
sa situation civile
- l'absence de liberté provoquée par des pressions graves
- la conclusion du mariage dans un état second, causé par exemple
par l'ivresse ou l'usage de drogue…
5.
A quelle Officialité doit-on s'adresser?
Le
Tribunal ecclésiastique auquel il faut s'adresser peut être:
1. ou bien celui du diocèse dans lequel le mariage a été célébré
2. ou bien celui du diocèse dans lequel réside le défendeur
3. ou encore celui du diocèse où réside le demandeur, mais à deux
conditions:
a) que le défendeur réside sur le territoire de la même
Conférence épiscopale (en général donc du même pays);
b) que l'Official du défendeur donne son accord après
avoir entendu le défendeur.
4. ou enfin celui du diocèse dans lequel vivent la majorité des témoins,
avec la même condition qu'en 3 b)
6.
Combien de temps dure un procès en nullité?
Il faut généralement compter entre
un et deux ans. La raison de la durée plus ou moins longue tient à
divers facteurs:
- la promptitude ou la lenteur que mettent les témoins à répondre
aux convocations qui leur sont adressées;
- le fait que des témoins habitent dans des pays étrangers, ce qui
réclame l'envoi de "commissions rogatoires", les dépositions
des témoins étant alors reçues par l'Officialité de leur diocèse,
puis renvoyées à l'Officialité qui instruit la cause;
- la nécessité qu'il y a, en certaines causes, d'attendre le rapport
d'experts (médecins, psychologues;
- le fait enfin que la sentence de l'Officialité diocésaine (1ère
instance) doit être examinée par une 2ème instance (interdiocésaine,
sise à Fribourg) qui doit se prononcer à son tour. Une décision de
nullité n'est définitive que si les deux instances la reconnaissent.
Notons qu'une décision de nullité n'est définitive qu'avec la décision
de la 2ème instance.
7. Combien coûte un procès en nullité?
Actuellement,
dans notre diocèse, le montant des frais est fixé entre 500 et 1000
CHF (selon les frais réels) pour la première instance, et 200 CHF
pour la deuxième.
Des arrangements, ou même la gratuité sont offerts aux personnes de
situation modeste, sur présentation de leur dernière taxation fiscale.
Si le demandeur requiert les services d'un avocat (agréé par l'évêque)
pour sa cause, il doit se mettre d'accord avec lui pour le montant
de ses honoraires.
8. Quelle est la situation religieuse d'une personne
divorcée?
Les personnes divorcées et non remariées n'ont pas de statut particulier
dans l'Eglise, elles sont libres de recevoir les sacrements.
Les personnes divorcées et remariées ne sont pas excommuniées, contrairement
à ce que beaucoup pensent. S'il leur est demandé de s'abstenir de
recevoir les sacrements, elles sont invitées à remplir leurs autres
devoirs religieux, et peuvent prendre des responsabilités dans certains
services d'Eglise. Il leur est recommandé de prendre conseil auprès
d'un prêtre si elles soupçonnent que leur premier mariage a été entaché
de nullité.
9.
Les mariages mixtes entre chrétiens
Le
mariage d'un catholique avec une protestante (ou inversement), s'il
est célébré dans une église catholique, respecte la forme requise
par son Eglise. S'il n'est pas célébré dans une église catholique,
une dispense de la forme canonique doit être demandée pour que le
mariage soit reconnu par l'Eglise catholique. Si le mariage, avec
dispense de forme, est célébré dans un temple protestant, la présence
des ministres des deux confessions est souhaitable, mais pas nécessaire.
Le mariage d'un catholique avec une orthodoxe (ou inversement) réclame
du prêtre qu'il se renseigne auprès de l'Officialité, les Eglises
orthodoxes n'ayant pas toutes la même position concernant la reconnaissance
d'un mariage célébré en dehors d'elles.
Pour la validité d'un mariage entre un(e) catholique et une personne
non baptisée, une dispense de "disparité de culte" doit
être demandée à l'évêché par le prêtre qui prépare le dossier de mariage..
10. Mariages entre non-catholiques ou non-baptisés
On
a déjà dit que l'Eglise reconnaît la validité de ces mariages, sauf
empêchement ou défaut du consentement. Supposons qu'après divorce,
l'un des conjoints veuille épouser une personne catholique, qui désire
un mariage dans l'Eglise catholique. On peut se trouver devant les
situations suivantes:
A) Dans le premier couple, aucun des conjoints
n'était baptisé. L'un de ces conjoints devient catholique, mais l'autre
refuse de demeurer avec lui. Rome peut dissoudre le premier mariage,
et donc autoriser un nouveau mariage, en vertu du privilège de la
foi, comme il a été dit à la fin de la réponse à la question n° 1.
B) Dans le premier couple, un des conjoints était
baptisé, - mais dans une autre Eglise que l'Eglise catholique – et
l'autre conjoint n'était pas baptisé. Une extension du privilège de
la foi est également possible.
11.
Comment débute un procès en nullité?
La personne qui envisage de demander l'ouverture d'un procès en nullité
peut d'abord en parler avec un prêtre, qui examine s'il existe un
fondement sérieux pour cette demande. La personne prend ensuite contact
avec l'Official (qui travaille sur l'ensemble du diocèse) ou avec
le Vice-Official (qui travaille principalement dans la région genevoise,
jusqu'à Nyon). Elle recevra alors toutes indications sur le déroulement
de l'enquête, qui ne cherche pas à établir les responsabilités de
l'un ou de l'autre conjoint dans la rupture du couple, mais bien l'éventuelle
nullité du mariage conclu.
Le demandeur est prié de rédiger un "libelle", comportant
- les coordonnées personnelles actuelles des ex-époux;
- une description sommaire de la période qui va de la fréquentation
jusqu'au mariage, puis au divorce;
- un exposé des motifs qui font douter de la validité du mariage;
- une liste de témoins capables de fournir des renseignements utiles;
- une demande formelle faite à l'Officialité d'ouvrir la cause.
Le demandeur fournira aussi une copie du jugement de divorce (dans
sa totalité).
Il aura par la suite à faire une déposition à partir d'un questionnaire
établi par l'Officialité.
12. L'ex-conjoint doit-il être informé de la démarche
du demandeur?
Oui, comme cela a été dit à la fin du n° 3
13. Le défendeur et le demandeur ont-ils le droit de
connaître le contenu du dossier
lorsque celui-ci est achevé?
Le code de droit canonique donne à
chaque partie le droit de s'enquérir de l'avancement de la cause,
et de consulter le dossier lorsqu'il est achevé (mais pour le défendeur
seulement s'il a participé activement à l'enquête).
14. Comment l'Officialité parvient-elle à une décision
(certitude ou non-certitude de la nullité d'un mariage) ?
Les trois juges nommés par l'Official
étudient, chacun de leur côté le dossier complet de la cause, soit
le libelle, les documents officiels de mariage et de divorce, les
décrets du juge instructeur, les dépositions des parties et des témoins,
les documents annexes éventuels (lettres, rapports d'experts), et
le rapport du "défenseur du lien", également nommé par l'Official,
et chargé de mettre en évidence ce qui plaide en faveur de la validité
du mariage.
Les juges consultent la jurisprudence de l'Eglise en rapport avec
les motifs de nullité invoqués.
Ils doivent aboutir à une certitude morale de la nullité pour la décréter;
sinon, la validité du mariage est non pas prouvée, mais présumée.
La sentence des juges est prise à la majorité, après délibération.
15. Peut-on faire appel de la décision de l'Officialité?
L'Officialité diocésaine est dite
de 1ère instance. Quand elle rend une sentence de nullité,
elle en fait elle-même automatiquement l'envoi à la 2ème
instance, qui elle est interdiocésaine, en Suisse. Si la 1ère
instance rend une sentence négative, le demandeur peut faire appel
à la 2ème instance.
Quand les deux instances ont rendu une réponse identique, la cause
est considérée de soi comme terminée.
Si c'est une sentence de nullité, une notification est adressée aux
paroisses de baptême et de mariage des ex-conjoints catholiques pour
la modification des inscriptions qui y avaient été faites. Un nouveau
mariage est normalement possible en Eglise. Voir cependant n° 16.
Si la 1ère et la 2ème instance arrivent à une
conclusion différente l'une de l'autre, ou si toutes deux ne reconnaissent
pas la nullité du mariage, le demandeur peut recourir à la Rote romaine.
16. Peut-on se marier aussitôt après la sentence de
nullité de la 2ème instance?
Oui,
en principe. Mais il peut arriver que la déclaration de nullité d'un
mariage soit accompagnée d'un"vetitum", c'est-à-dire d'un
empêchement à conclure un nouveau mariage, si la cause de la nullité
est toujours présente, car elle rendrait la nouvelle union invalide.
Le "vetitum" peut être levé dès qu'il est prouvé que l'obstacle
a disparu.
17.
Quand peut-on fixer la date d'un nouveau mariage?
La date d'un nouveau mariage projeté
ne peut être fixée tant qu'on n'a pas reçu la réponse définitive,
celle de la 2ème instance.
En revanche, rien n'empêche de participer par exemple à un cours de
formation au mariage.
18. Quelle est la situation des enfants
après la déclaration de la nullité du mariage de leurs parents?
Une
sentence ecclésiastique de nullité n'a aucun effet civil sur le statut
des enfants, qui demeurent des enfants légitimes.
La nullité touche la relation matrimoniale des ex-conjoints, mais
elle ne leur enlève rien de leurs responsabilités de père et de mère.
De soi rien n'est changé de la relation que les enfants ont avec leur
père et leur mère, et tout ce qui a été vécu en famille demeure bien
réel, et ne doit pas être considéré comme n'ayant eu aucune consistance
à cause de la déclaration de la nullité du mariage des parents.